Près de 100 apprentis lancent un pourboire solidaire

FormationDès le 17 septembre, on pourra ajouter 1 franc à sa note dans 60 restaurants. Cette somme sera reversée à une fondation genevoise.

Une partie des apprentis en commerce qui participent au projet caritatif 1vincible, dans les locaux d’Espace Entreprise.

Une partie des apprentis en commerce qui participent au projet caritatif 1vincible, dans les locaux d’Espace Entreprise. Image: Lucien Fortunati

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Ils ont passé 1200 coups de fil. Contacté 540 restaurants genevois, certains par deux fois pour décrocher une confirmation. En français, en anglais, en bricolant pour se faire comprendre du patron étranger. Rendu visite à 75 enseignes. Durant un an et demi, une centaine d’apprentis âgés de 17 et 18 ans de l’Espace Entreprise se sont relayés pour le projet solidaire 1vincible. Dès le 17 septembre, celui-ci s’invitera à la table de 60 restaurants partenaires.

Soutien scolaire à l’hôpital

L’Espace Entreprise, qui dépend du Département de l’instruction publique, assure la partie pratique des apprentis en commerce à plein temps en école, via des mises en situation réelle (lire encadré). 1vincible fait partie de ces projets concrets. Du 17 au 30 septembre, un client aura la possibilité d’ajouter 1 franc à son addition afin de soutenir la fondation genevoise Children Action. Reconnue d’utilité publique, elle s’engage en faveur des enfants, que ce soit avec le programme Malatavie – qui aide des adolescents en détresse en collaboration avec l’Hôpital cantonal – ou avec l’appui scolaire pour les enfants hospitalisés. Des projets à l’étranger aussi: des interventions chirurgicales en Birmanie ou au Cambodge et la promotion de la scolarisation au Vietnam. Les fonds récoltés par 1nvincible seront destinés en priorité aux projets genevois.

L’idée de base émane de la fondation. «Nous avions déjà mené une telle action il y a vingt ans, raconte Stéphanie Kolly, directrice. Nous voulions la reconduire mais n’en avions pas les forces car le bureau compte trois personnes.» L’École hôtelière de Lausanne est alors sollicitée pour réaliser une étude de marché, puis un partenariat se noue à Genève avec l’Espace Entreprise pour la concrétisation.

Durant un an et demi, cent apprentis en tournus participent aux différentes étapes d’1vincible. D’abord, il faut réfléchir à la forme que prendra cette levée de fonds. On choisit de retenir 1 franc sur l’addition, «les caisses enregistreuses le permettent». Et de fixer une durée déterminée, soit deux semaines. «Cette action représente un effort pour les patrons, les employés et les clients, nous ne voulions pas les essouffler, justifie Stéphanie Kolly. Il fallait aussi éviter que le don ne se fasse au détriment du pourboire.» Pour présenter la démarche, les apprentis en arts imaginent un flyer, distribué avec les menus. Il contient une brève explication et des questions, en lien avec Children action. Exemple: «Que peut faire la fondation avec 500 francs?» Réponse: financer 14 heures de soutien scolaire pour des enfants hospitalisés à Genève ou 2500 repas à la cantine pour des écoliers vietnamiens.

Mais le gros du travail consiste à démarcher les patrons. Les élèves se relayent pour les contacter. On apprend à vendre le projet, à interagir, à être concis, à être diplomate aussi. Soixante restaurants s’engagent finalement à participer, rejoints par deux entreprises, explique Laurence Fabry Lorenzini, formatrice à l’Espace Entreprise. Art Computer, revendeur d’Apple, reversera 10 francs sur la vente de certains de ses produits du 19 août au 20 octobre à l’association, Amag doublera et reversera la recette des stands de nourriture de sa journée portes ouvertes.

Pour sensibiliser et motiver

Les apprentis attaquent en ce moment la phase finale: la promotion. Un site web prend vie aujourd’hui, créé à l’interne, www.action1vincible.ch. Matteo, lui, se charge des réseaux sociaux. «Notre groupe identifie les publics cibles et les types de publications permettant de les atteindre. Par exemple, pour toucher les jeunes, on va mettre en avant les restaurants les plus abordables.» Il souligne l’importance de pouvoir travailler sur du «réel». Son camarade Joël ajoute: «En plus, ça permet de nous rendre utiles et d’aider des enfants. C’est hypermotivant, ça donne plus envie que juste de la théorie!» De la pratique motivante mais pas gratuite: l’expérience est évaluée, précise Charlène Kurer, formatrice. «Par exemple, lors de leur intervention chez Amag, les élèves seront jaugés selon une grille de compétences d’accueil attendues. Plus largement, des compétences métiers seront analysées, comme la maîtrise de programmes numériques ou d’un planning éditorial.»

Le directeur d’Espace Entreprise, Yves Chardonnens Cook, insiste sur l’importance d’un tel projet. «C’est vital. Les jeunes nous disent que ce qui les motive, c’est de rencontrer les clients, de se sentir utiles et de travailler sur du concret. Nous mettons également l’accent sur la valeur pédagogique, afin de les sensibiliser à de nouveaux aspects.» Laurence Fabry Lorenzini ajoute que «cela permet d’ancrer le monde de l’éducation dans une réalité et de faire en sorte que les jeunes soient acteurs». (TDG)

Créé: 09.09.2018, 20h20

L’Espace Entreprise en bref

L’Espace Entreprise est un lieu de formation dédié à l’apprentissage de la pratique professionnelle. Les élèves des écoles de commerce qui suivent un cursus à plein temps y effectuent des stages pour se former dans des conditions similaires à celles d’une entreprise. L’école est organisée en pôles: relations humaines, comptabilité, enquêtes et sondages, administration, logistique, communication et formation. Durant leurs trois ans de cursus, les apprentis y évoluent durant cinq mois et demi. Quelques exemples de projets menés à l’école: gestion des ressources humaines chez Caritas jeunesse, événementiel pour le Festi’choc à Versoix, réalisation de prospection par téléphone, logistique de Youth for Soap qui permet de recycler des savons usagés des hôtels pour les offrir à des organisations humanitaires. Les apprentis sont également hôtes d’accueil pour des événements du Musée du CICR et responsables de la promotion de la Cité des métiers sur les réseaux sociaux.

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