«Les tensions sur les terrains sont d'origines très diverses et peuvent surgir n’importe où»

Football genevoisPrésident de l’Association cantonale genevoise de football, Pascal Chobaz revient sur l’agression d’un arbitre et évoque des pistes pour lutter contre la violence.

Président de l’ACGF, Pascal Chobaz répète que la lutte contre la violence dans les stades reste l’affaire de tous.

Président de l’ACGF, Pascal Chobaz répète que la lutte contre la violence dans les stades reste l’affaire de tous. Image: LUCIEN FORTUNATI

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Le football genevois est K.-O. debout. L’agression d’un arbitre de 5e ligue dimanche passé (lire nos éditions précédentes) a fait l’effet d’un électrochoc. Prévue ce week-end, la grève des sifflets lancée par l’Union genevoise des arbitres est massivement suivie. Pour Pascal Chobaz, président de l’Association cantonale genevoise de football (ACGF), ce boycott ne constitue pas la meilleure solution pour lutter contre la violence sur et autour des terrains. Il s’explique et détaille les efforts fournis depuis des années par l’ACGF.

La violence sur les terrains de football genevois est-elle réellement en augmentation?

Nous vivons en effet une période pénible. La saison passée s’est terminée par une grosse bagarre à Versoix, la saison présente commence par l’agression d’un arbitre aux Evaux. Mais je ne suis pas convaincu que la violence augmente. En revanche, je suis persuadé qu’il y a plus de matches entourés d’un climat de tension.

C’est-à-dire?

Auparavant, un joueur s’en prenait parfois à un autre ou à un arbitre. Aujourd’hui, les tensions sont d’origines très diverses, peuvent survenir n’importe où et concerner n’importe qui. Pas seulement les arbitres.

Mais qu’est-ce qui fait que cela dégénère parfois?

Le comportement inadapté d’un entraîneur, s’en prenant verbalement à l’arbitre, peut suffire à faire monter la pression. Ou celui de parents, particulièrement chez les juniors, qui cherchent à intimider un jeune arbitre, verbalement ou même physiquement. Voire qui s’échauffent avec les parents d’en face et parfois en viennent aux mains. On voit également aujourd’hui des joueurs qui s’acharnent à plusieurs sur d’autres footballeurs ou sur un arbitre. Parfois même quand la victime est à terre. Et il y a bien d’autres cas de figure.

Par exemple?

Des bandes de pseudo-supporters qui sévissent autour des terrains. Cela est arrivé aux Libellules, et nous avons réagi avec la Ville de Vernier et la Ville de Genève, en partenariat avec les travailleurs sociaux et la police municipale. On constate aussi que des supporters de deux équipes se provoquent sur les réseaux sociaux en amont d’un match ou même durant celui-ci, un comportement propre à enflammer une partie.

Les arbitres, en faisant grève, estiment que l’ACGF n’a pas assez pris en considération l’ampleur du phénomène. Que répondez-vous?

D’abord que cette grève peut amener les clubs et les joueurs à prendre conscience du problème. Mais en même temps, cela paraît tellement évident qu’on ne doit pas s’en prendre à un arbitre…

Les sanctions sont-elles suffisamment dissuasives?

Je vous donne un exemple: cracher sur un arbitre vaut à l’auteur de ce geste au minimum vingt-quatre mois de suspension. À Genève, nous avons été les premiers à durcir les sanctions, à prolonger les périodes de suspension.

Visiblement, cela ne suffit pas toujours.

Non bien sûr, mais l’ACGF ne se repose pas sur ces sanctions. Il y a depuis plusieurs années un gros effort fourni auprès des clubs pour améliorer les choses.

Concrètement?

Par exemple, nous les encourageons de manière répétée à fixer un cadre et définir des valeurs de fair-play auprès de leurs entraîneurs et de leurs joueurs. Cela fonctionne d’ailleurs bien dans beaucoup de clubs. Cela peut passer par une charte, un encadrement des coaches, par la sensibilisation des parents de juniors. Le club peut aussi se renseigner sur les joueurs ou les entraîneurs qu’il souhaite engager, afin d’éviter les mauvaises surprises. Et s’il y a des débordements, ne pas hésiter à recadrer les mauvais éléments ou même s’en séparer.

Mais votre association a-t-elle les moyens de vérifier cela?

Non bien sûr, c’est aux clubs de se prendre en charge. Mais ce travail de sensibilisation est l’affaire de tous. Des clubs, mais aussi des communes qui mettent à disposition leurs installations sportives. Par le passé, la Ville de Genève a d’ailleurs exclu du Centre sportif de Vessy deux équipes de vétérans qui s’étaient battues entre elles. De notre côté, nous n’hésitons pas à envoyer des observateurs dans des matches que nous considérons à risque. Voire à prévenir la police, avec laquelle nous collaborons régulièrement.

Mardi prochain, le conseiller d’État chargé du Sport a invité l’ACGF et les arbitres à une table ronde sur la violence. Un premier pas?

Cela démontre une prise de conscience à l’échelle cantonale, et c’est positif. Mais je le répète, l’ACGF ne pourra pas régler seule les problèmes. La violence peut surgir sur tous les terrains, elle concerne tous les clubs, toutes les ligues et tous les acteurs, y compris les parents et les supporters. (TDG)

Créé: 14.09.2018, 18h44

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