Polémique sur la venue d’un populiste à Genève

Table rondeUne lettre d’étudiants de l’IHEID demande à la direction de renoncer à inviter Norbert Hofer pour parler des politiques de migration.

Norbert Hofer est membre du Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ)

Norbert Hofer est membre du Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ) Image: Reuters

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Fallait-il offrir une tribune à Genève au populiste autrichien Norbert Hofer? Des étudiants du Graduate Institute (IHEID) pensent que «non». Ils ont adressé à la direction une lettre ouverte en ce sens, signée par 110 d’entre eux et quelques professeurs, demandant l’annulation de la table ronde, organisée le 20 octobre prochain par l’Institut autour de la question «Est-ce que les politiciens européens peuvent résoudre la crise migratoire?»

Dans leur texte, les signataires soulignent la personnalité controversée de ce politicien autrichien en campagne pour la présidentielle, «associé à de nombreux groupes d’extrême droite aux idées islamophobes, antisémites et homophobes». Julie Melichar, porte-parole des étudiants signataires, explique qu’ils voulaient «envoyer un message fort, notamment aux réfugiés à qui des étudiants donnent des cours de français».

«Nous n’acceptons pas qu’une parole vienne remettre en cause ici l’intégrité de ces réfugiés. Ni que ce discours porte préjudice à notre communauté étudiante, diverse dans ses origines, ses croyances et sa sexualité», reprend Julie Melichar.

Les étudiants ont rencontré lundi le directeur du Graduate Institute, Philippe Burrin, pour regretter notamment qu’il n’y ait pas de contradicteurs qui soient au fait des questions de migration face à Norbert Hofer. Ils étaient pourtant prévus dans le panel choisi par Europaeum, avec l’aval de l’IHEID. Mais la représentante du Haut-Commisariat des réfugiés s’est désistée en raison d’obligations professionnelles. Sur ce point, le directeur du Graduate Institute a dit aux étudiants qu’il cherchait à pallier cette absence.

Joint par la Tribune de Genève, Philippe Burrin reconnaît que «ce que représente Monsieur Hofer est en contradiction avec les valeurs de l’Institut». Pour autant, «cela ne ferme pas notre Institut au monde. Cette ouverture est d’ailleurs dans son cahier des charges. Le mouvement populiste représente un tiers des suffrages en Europe, qu’on le veuille ou pas. Cette table ronde est justement destinée à adresser des questions aux politiques sur leur discours sur les migrants», reprend Philippe Burrin. «Annuler cette table ronde reviendrait à conforter l’idée d’un complot mené par l’establishment. Mieux vaut écouter Norbert Hofer et le contredire», conclut le directeur, qui maintient donc l’événement.

Par le passé, l’Institut a subi des pressions extérieures pour annuler la venue de Tariq Ramadan, du président de l’Equateur ou du dalaï-lama, sans y céder.

(TDG)

Créé: 17.10.2016, 17h46

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